"Etats-Unis: je t'aime, moi non plus"

Etats-Unis, octobre 2003

par Gilles

Les événements du 11 septembre et leurs conséquences auront plus que jamais exacerbé les passions à l'égard de cette nation, mélanges d'attraction et de répulsion.

Attraction pour le "Rêve Américain" toujours bien vivace, pour le pays symbole de la liberté et pour ses grands espaces naturels notamment.

Répulsion pour ce pangermanisme du XXIè siècle, cette volonté de dicter sa loi au reste du monde, l'incapacité d'un Président - alcoolique repenti, sauvé des effluves par Dieu en personne, mais toujours aussi abruti - à utiliser sa toute puissance pour sauvegarder la planète plutôt que de favoriser les intérêts économiques de ses petits copains texans.

En fait, le pays lui-même est un savant mélange de Grandeur(s) et de Décadence(s).

Grandeur physique (4 fuseaux horaires au bas mot), Grandeur architecturale à l'instar de New York (imaginez une île de 7,5 millions d'habitants construite avec des tours Montparnasse dans tous les sens et un giga Bois de Boulogne au milieu... ça donne le tourni!), Grandeur et ouverture d'esprit à travers l'accueil de millions d'immigrants attirés par le Rêve Américain, guidés par l'esprit pionnier et souvent assoiffés de revanche. Grandeur simple d'un pays discipliné où bien des gens vont spontanément vous renseigner (dans le métro à New York par exemple) et où la notion de Service(s) prend tout son sens.

Décadence d'un pays où certains lobbies / secrets services peuvent à la fois assassiner leur Président et se montrer incapables d'empêcher d'agir les auteurs pourtant peu discrets des attentats du 11 septembre.
Décadence d'un pays où sous l'influence de la NRA, n'importe quel frappadingue peut s'armer et liquider tout ce qui bouge.
Décadence d'un pays où d'anciens acteurs de cinéma peuvent devenir au choix Gouverneur du plus peuplé des Etats ou Président.
Décadence d'un pays qui, malgré l'expérience du Vietnam, envoie ses soldats à la Busherie en Irak, non sans avoir fabriqué de fausses preuves pour finalement jouer aux cartes avec les têtes du régime destitué, sans jamais retrouver Saddam (de Pique...) pas plus qu'Oussama d'ailleurs.
Décadence d'un pays où les obèses - parfaits symboles de la malbouffe - sont en passe de devenir la 1ère minorité.
Décadence enfin d'un pays qui met des drapeaux dans ses églises et la Religion au coeur des fondements de l'Etat, comme au bon vieux temps de Louis XIV quoi.

 
Après le New Deal de Roosevelt et l'espoir incarné par JFK, l'Amérique a besoin d'un nouvel électrochoc pour réveiller ce qu'elle a de meilleur en elle.... et, comme une majorité d'Américains, nous pensons que ce n'est pas W qui les y aidera.