Un authentique sourire

Fidji, février 2004

Suite aux péripéties météorologiques incarnées par Ivy (petit cyclone des familles s'étant abattu non loin des Fidji), nous avions décidé de troquer les îles paradisiaques pour les Highlands, en quête d'authentique ; nous pensions marcher sur les traces des derniers cannibales ! Aussi, les 3 heures passées à l'arrière d'une camionnette bâchée, à traverser la forêt vierge et la 1ère cérémonie du Kava relevaient plus du rite initiatique incontournable que du pur bonheur….

L'histoire vira même au ridicule lorsqu'il nous fallut patienter longuement pour partager encore cette horrible boisson avec le Chef du village, personnage grotesque préférant arborer ses ceintures de boxe d'une vie antérieure plutôt que d'essayer de nous transmettre quelques éléments majeurs de sa culture si originale.

Heureusement, le bonheur était ailleurs. A commencer par cette escapade en pleine forêt vierge sous une pluie torrentielle, pour apprécier quelques cascades reculées ou nous nous baignâmes. Malgré quelques glissades sauvages sur le sol détrempé, la beauté de cette nature peu accueillante au demeurant, le bruit et les odeurs de la forêt sous l'eau nous donnèrent un premier parfum d'authentique.

Mais le meilleur restait à venir, là où on ne l'attendait plus.

De bon matin, nous quittâmes notre hutte pour aller visiter l'école du village qui rassemble en fait plus de 150 écoliers issus de 6 villages en tout. Notre choix se porta sur un cours d'anglais de jeunes âgés de 6 à 7 ans. L'enthousiasme naturel des écoliers en uniforme bleu et blanc contrastait avec le manque flagrant de moyens (pas de chaises et seulement 3 tables pour une classe de 25 élèves !). Cela vira même à l‘hystérie collective lorsque nous nous installâmes au fond de la classe répondant ainsi à l'invitation de leur professeur. Cette dernière réussit tant bien que mal à canaliser leur attention et finit par leur donner un exercice à faire avant de nous rejoindre et de nous expliquer leur fonctionnement. La séance photos, la distribution de bonbons et les sourires qui en résultèrent furent un grand bol d'air pur au milieu de nos déceptions fidjiennes (météo, et mensonges répétés de notre pseudo guide).