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Avant de savourer les paysages mythiques de l’Ouest americain
façon Easy Rider (“Born to be Wild”), il nous
a fallu d’abord apprivoiser la bête…
Concrètement,
l’engin est sévèrement galbé : 8 m
de long pour 4 m de haut et 4.50 de large, boosté par un
V8 qui engloutit les gallons d’essence à la vitesse
de 25L aux 100 km, à raison de 90 km/h.
A engin de compet’, briefing de compet’ !
- un film de 22 mn en anglais expliquant les fondamentaux du fonctionnement,
à la fin duquel nous étions plus inquiets que rassurés
ayant le sentiment de ne rien avoir memorisé…
- un manuel aussi épais et indigeste qu’un Kotler
& Dubois (ca rappellera sûrement des souvenirs de prépa
à certains) récapitulant tout en détail….c’est
rassurant même si notre maîtrise du vocabulaire technique
anglais laisse étonnamment à désirer !
Sinon, a l’intérieur, c’est plutôt bien
équipé.
-
2 chambres (enfin, 2 lits matrimoniaux quoi!) dont 1 au-dessus
de la cabine de pilotage
- 1 cuisine équipée (si, si...avec frigo, four,
micro-ondes, gazinière 3 feux, double évier,...)
- 1 SDB + WC (très pratique pour Delphine, affectueusement
surnommée “Marie-pisse-trois-gouttes” par son
poète de mari…)
- 1 Lavabo
- 1 table + 2 banquettes
- Quelques placards
- La clim’ et le Chauffage svp
- Un générateur electrique de secours à 1$
la minute !
Sachant que la majorité des équipements fonctionnaient
à l’électricité et que notre autonomie
n’était que de 2 ou 3 heures (hors générateur
et moteur), il nous fallait vraiment mieux nous arrêter
aux campements équipés pour se brancher sur l’eau
et le courant publics.
Grosso modo, il faut un peu passer son temps à vérifier
les niveaux (réservoir d’eau, niveau des batteries,
réservoir d’eaux usées, gaz,...), à
vider et remplir lesdits réservoirs aux campements et à
être à l’écoute du moindre bruit (un
peu comme sur un bateau, le roulis en moins !).
Finalement, au bout de 3 jours et de nombreux essais, Delphine
connaissait le manuel par coeur et nous savions faire fonctionner
la bête (sauf que les oeufs au bacon du PDJ déclenchaient
encore systematiquement l’alarme anti-fumée et attiraient
l’attention de nos voisins...)
Mémorables :
-
la 1ère installation de nuit (eh oui, manoeuvrer un char
au milieu des arbres, ce n’est pas si simple !) avec le
tuyau d’eau qui fuit, pas d’eau chaude et pas de chauffage
alors qu’on se les pelait vraiment à 7000 pieds sur
terre....
- la 1ere nuit de camping sauvage (merci les tuyaux percés
du Lonely Planet) en autonomie totale près de Wheatfield
Lake (ne cherchez pas sur la carte, vous ne trouverez pas...),
en pleine réserve Navajo...on n’a pas beaucoup dormi
et à chaque bruit, on se faisait des films comme des gosses
qui plantent la tente dans le jardin pour la 1ère fois...
- Le barbecue de Monument Valley : steack saignant et pommes de
terre cuites dans la braise, un vrai regal ! Le tout, au milieu
d’un décor de western hollywoodien.
- Le PDJ sur la Scenic Drive de Grand Canyon : Krispies, Oeufs
au bacon, Toasts et Jus d’orange frais comme tous les matins
mais avec la vue sublime en plus.
- L’image gravée à vie de la route dans mon
rétroviseur gauche : ciel bleu, ligne droite à perte
de vue semblant traverser les montagnes rougeoyantes et lignes
jaunes séparant les voies...
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