Nos 10 premiers mois de voyage auront été marqués par un certain
nombre de rencontres, plus ou moins riches, plus ou moins furtives,
plus ou moins provoquées…principalement des globe trotteurs
et l'expression n'est pas usurpée !
Parmi ces personnes rencontrées, nous avons eu le plaisir (voire
la surprise) d'en recroiser tout au long du périple : retrouvailles
parfois programmées mais bien souvent, totalement fortuites.
Ce fut le cas d'Estelle & Stefan, croisés pour la 1ère fois
au Chili, sur le cargo Magallanes, descendant les fjords de Patagonie
de Puerto Montt à Puerto Natales, fin décembre. Après 3 jours
sur le bateau sans avoir adressé la parole à quelque autre passager,
nous nous retrouvâmes par hasard à discuter avec une famille
franco-chilienne ayant vécu à New york et dont le père était
en poste à Lima . En fait, la mère de famille nous avait “confondu” avec
un autre couple francophone (Estelle & Stefan donc), eux
aussi en voyage de noces autour du monde. Trop de coincidences
tuant la coincidence, nous nous résolûmes à faire le 1er pas,
peu après minuit, dans l'ambiance survoltée d'une nuit
de St Sylvestre, autour d'une coupe de champ'. Et là, en quelques
minutes, une complicité étonnante s'installait entre nous, comme
celle, pourtant rare, de vieux amis de 30 ans…nous vivions le
même rêve au meme moment, tout simplement.
Bien decidés à rester en contact et même à nous recroiser avant
nos retours au bercail, nous nous revîmes pourtant beaucoup plus
tôt que prévu. Partis dans un premier temps pour Ushuaia via
Punta Arenas , nous dûmes rebrousser chemin, un peu déçus, car
tous les bus pour le bout du monde étaient pleins pour les 4
jours suivants. De retour à Puerto Natales, nous nous résolûmes
à entamer nos 3 jours / 2 nuits de trek dans le Parc National
des Torres del Paine. Le parc est si vaste que les itinéraires
possibles sont multiples, Néanmoins, à la fin de la 1ère journée
de marche, alors que le moral en avait pris un coup (n'étant
pas trekkeurs-nés, la marche avec nos sacs chargés, l'impossibilité
de manger chaud et l'accueil glacial dans le 1er refuge nous
avaient bien refroidis), nous croisâmes comme par miracle Estelle & Stefan,
au milieu de nulle part, sur le sentier qui mène au Glacier Francais…Bonheur
partagé et RDV fut donc fixé au surlendemain dans le bus qui
nous ramènerait du parc vers Puerto Natales, pour un gueuleton
memorable qui fêterait la fin du trek…et festin auquel
Nathalie & Sébastien,
rencontrés la veille dans le Parc, allaient participer.
Décidés à nous retrouver chaque fois que possible, nous organisâmes
des retrouvailles à Buenos Aires pour passer un WE en estancia
(grand ranch argentin) avec à nouveau Nath & Seb en
guest stars, puis 3 mois et demi plus tard, à Bangkok, toujours
avec le même bonheur.
S'il est presque courant de croiser les mêmes têtes dans plusieurs
endroits du même pays (genre au Vietnam ), il est en revanche
moins banal d'en croiser 3 fois de suite sur 3 continents différents….surtout
sans l'avoir prémédité !
C'est pourtant ce qui nous est arrivé avec Niels, “solitaire” belge
croisé lui aussi pour la première fois sur le cargo chilien.
Le soir de la St Sylvestre, juste avant de rencontrer Estelle & Stefan,
nous avions échangé quelques mots avec lui qui était accompagné
exceptionnellement par un français et 2 suissesses avec qui il
allait trekker dans les Torres del Paine. Ce 1er contact ne se
solda même pas par le traditionnel échange d'e-mail qui n'engage
à rien…ces camarades de jeu ne nous avaient pas particulièrement
inspirés…
Aussi, notre surprise fut grande lorsque, après 2 mois
d'Amérique du Sud et d'îles du Pacifique, il poussa la porte
de notre cybercafé d'Auckland (Nouvelle Zélande) où nous nous
connections avec le reste du monde. A nouveau, quelques échanges
brefs eurent lieu sur ce qui s'était passé depuis
2 mois et sur le programme à venir mais rien ne nous prédestinait
à la “revoyure”.
Pourtant, 5 mois plus tard, en nous promenant sur le port du
Lac Inle (Birmanie), en route pour le déjeuner, nous nous retrouvâmes
nez à nez avec le grand gaillard. Certes, Inle est un grand classique
de toute boucle en Birmanie mais on peut aussi bien le faire
au début ou à la fin…ensuite, ce jour-là, nous
n'avions pas pris le chemin habituel et étions sortis déjeuner
beaucoup plus tard que d'habitude….bref, nous aurions dû le rater
100 fois mais non ! Des forces surnaturelles nous poussaient
vers lui et cette fois, nous passâmes plus de temps à discuter
sur nos impressions de voyage et échangeames méme nos adresses
e-mails et nos sites web !
Enfin, après les avoir rencontrés en Indonésie, nous avons fait
un bon bout de chemin avec LX & Francois en les retrouvant
à 2 reprises de façon non préméditée.
Rencontrés au Mont Bromo sur l'île de Java, nous partagions
avec eux le même hotel et avions décidé de faire ensemble le
trek matinal menant jusqu'au plus sublime des levers de soleil
sur un tryptique de volcans en activité. En effet, un bon feeling
réciproque lors d'un bref échange au dîner la veille nous avait
confirmé que décidément, les canadiens en général et les québécois
en particulier sont vraiment des gens sympas. Après une journée
ensemble passée sous le signe de l'humour, et espérant bien nous
recroiser plus tard malgré des itinéraires et des timings sensiblement
différents, nous avions néanmoins échangé nos addresses de sites
et de mails, par plaisir et non par principe.
Et là aussi, la surprise et la joie ne furent pas masqués lorsque,
au petit matin, prêts à embarquer sur le ferry qui traversait
le Mekong, séparant la Thailande du Laos, nous aperçumes les
2 compères, toujours animés de la même bonne humeur. Hésitant
encore entre le bateau rapide et le bateau lent pour rallier
Luang Prabang, nous decidâmes de nous joindre à eux pour la version
lente mais sure…et, à 5 puisque Camille était des nôtres, le
voyage de 2 jours sur le Mekong allait vite passer. Finalement,
nous fîmes tout le Laos, le Cambodge et une bonne partie du Vietnam
ensemble, chacun à son rythme mais avec retrouvailles multiples.
Si LX dut rentrer au Canada début Juillet, Francois, lui, continuait
encore un peu son périple asiatique. Aussi, ne désespérions-nous
pas de le recroiser à Bangkok ou en Birmanie. Et, une fois de
plus, le hasard nous mit sur sa route dans Khao San, la quartier
des routards à Bangkok …sans s'être donné rdv.
Alors, hasard ou coincidences troublantes ? Quelles forces extérieures
nous poussent à faire tel ou tel choix, à prendre telle ou telle
rue, à aller à tel hotel ou à tel resto et au bout du compte,
à retomber sur telle ou telle personne déjà croisée ? Les plus
sceptiques diront que, pour quelques personnes recroisées, nous
sommes peut-être passés à côté de beaucoup d'autres….
Nous ne le saurons vraisemblablement jamais mais avouez quand
même que ça interpelle, non ?!
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